Col (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Du latin collum, « cou », « goulot d'un vase », puis « passage entre deux montagnes », et, en bas latin, « de la vessie, de l'utérus ».

I.
1. Syn. ancien de Cou. En parlant de certains animaux. Le d'un canard, d'un cygne. Un canard -vert, voir . En parlant d'êtres humains. Expr. litt. Avoir un de cygne, un cou long et flexible. Fam. Se hausser, se pousser du , se donner de grands airs, chercher à se faire valoir.
2. Par anal. La partie étroite et allongée de certains récipients. Prendre une bouteille par le . Un vase à long .
3. Segment étroit de certains os. Le de l'humérus, du radius. Une fracture du du fémur. Partie rétrécie autour de l'orifice d'entrée d'un organe creux. Le de la vessie, de la vésicule biliaire, de l'utérus.

II. Partie du vêtement qui recouvre ou entoure le cou. Le d'un veston, d'un pardessus. Un manteau à de fourrure. Un tailleur, un châle. Un officier, un marin. Un chandail à roulé. Un de dentelle, de mousseline, de velours. Col de chemise ou, ellipt., col. Élargir le . Col à coins cassés et, ellipt., cassé. Faux , de chemise rapporté, attaché à la chemise par des boutons. Expr. fig. et pop. Le faux d'un verre de bière, la mousse qui couronne la bière. Expr. fam. Saisir, attraper quelqu'un par le , le prendre au let, l'arrêter et le prendre vivement à partie. Par méton. Un blanc, un employé de bureau, de magasin. Un bleu, un ouvrier d'usine.

III. Point bas, dépression d'une ligne de crête, permettant le passage d'un versant à l'autre d'une montagne, la communication entre deux vallées. Le de Tende, le de la Colombière. Les s des Pyrénées. Atteindre un . Par ext. La route qui passe par le . Un enneigé, fermé à la circulation, coupé par des éboulements.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Partie du vêtement qui entoure le cou.
"Col de chemise," ou simplement "col." On a dit dans un sens analogue "Col de rabat, de pourpoint. Le de l'habit."
"Faux ," Col de chemise rapporté qui s'attache autour du cou au moyen de boutons.
Il se dit aussi d'une Pièce de lingerie, de dentelle ou d'étoffe qui garnit le haut d'un corsage de femme. "Un de mousseline. Un de velours."
Il désignait anciennement la Partie du corps qui joint la tête aux épaules. On le dit quelquefois encore devant une voyelle. Voyez COU.
Par analogie, en termes d'Anatomie, "Le de la vessie, le de la matrice," Ce qui est comme l'embouchure de ces parties. "Le d'un os," Le rétrécissement qui se remarque au-dessous de la tête ou de quelque autre partie de certains os. "Le du fémur. Le de l'humérus, du radius, etc."
"Le d'une bouteille, d'un matras, etc." Voyez COU.
Il se dit encore d'un Passage entre deux montagnes à la naissance d'une vallée. "Le de Tende. L'armée se saisit de tous les s des montagnes."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Cou, partie du corps qui supporte la tête. En ce sens il ne se dit que par euphonie ; et encore l'usage s'en perd de plus en plus ; il serait bon cependant de le conserver pour la poésie. Un court. Un apoplectique.
ROTR.: « [Il] tend à tes ennemis Un à ton saint joug heureusement soumis »
ROTR.: « À l'État j'en dois le sacrifice. - Hé bien, achevez-le ; voilà ce tout prêt »
LA FONT.: « Avant que de parler du teint, Je devais vous avoir dépeint, Pour aller par ordre en l'affaire, La posture du dieu ; son était penché ; C'est ainsi que le Somme en sa grotte est couché »

 2   Terme d'anatomie. Embouchure de certaines parties. Col de la vessie, sorte de prolongement de la partie antérieure inférieure de la vessie, représentant un goulot très court.
    Nom de parties qui sont plus minces que le reste de l'organe dont elles dépendent. Col de la matrice, canal étroit, cylindrique, qui conduit de l'orifice à l'intérieur de l'utérus.
    Rétrécissement entre la tête et le corps de certains os. Le du fémur, de l'humérus.

 3   Par analogie, le d'une bouteille, d'une cornue, la partie entre le goulot et le ventre.

 4   Terme de géographie. Passage étroit entre deux montagnes.
VOLT.: « Le prince Eugène était entré dans le Dauphiné par le de Tende »

 5   Col de chemise, partie de la chemise qui entoure le cou.
    Col de cravate, ce qu'on met dans une cravate pour lui donner de la fermeté.
    Par extension, sorte de cravate qui s'attache derrière le cou avec une boucle. Col de soie, de velours.
SAINT-SIMON: « Le Czar [Pierre 1er] ne portait qu'un de toile, une perruque ronde brune »
    Faux , façon de de chemise qui s'attache autour du cou.
    Sorte de petit let en toile, en mousseline brodée ou en dentelle, monté sur un fond de fichu, que les femmes mettent autour de leur cou, dépassant le corsage de la robe, et généralement rabattu sur ce corsage.

 6   Terme de marine. Col de cygne, bosse de fer qui sert à retenir les câbles-chaînes.

 7   Terme de serrurerie. Toute courbure que l'on fait subir à une tringle.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 110: El chemin s'esteit mis, ne l'a pas atendu ; L'evesque le siwi tut à estendu
    XIIIème siècle
     Liv. des mét. 247: Soit qu'il amaine de dehors la ville, ou qu'il envoit dehors la ville, soit sur cheval, ou à
    XVIème siècle
PARÉ: « Le de la vessie, le de la matrice »
     Nouveau coustum. gén. t. I, p. 964: Il n'eschet point de partage du costé ny du chef ou du du pere ou de la mere encore vivant soit en ligne directe ou lateralle

ÉTYMOLOGIE
    Voy. COU.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE COL. Ajoutez :

 5   Col de cygne, pièce recourbée qui sert à conduire un liquide, la fumée, etc. Cols de cygne pour bains, et fourneaux de grands établissements, Alm. Didot-Bottin, 1871-72, p. 1272, 3e .

REMARQUE
    Le d'une montagne est insuffisamment défini. C'est le point d'une chaîne de montagne où le faîte, faisant une inflexion, offre un passage d'un versant à l'autre, entre les points d'attache de deux contre-forts.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


La partie du corps qui joint la tête aux épaules. Il est vieux en ce sens, mais on le dit quelquefois encore par euphonie. "Voyez" COU.
Il s'emploie dans différentes phrases par analogie à cette partie du corps humain dont on vient de parler.
En Anat., "Le de la vessie, le de la matrice," Ce qui est comme l'embouchure de ces parties. "Le d'un os," Le rétrécissement qui se remarque au-dessous de la tête ou de quelque autre partie de certains os. "Le du fémur. Le de l'humérus, du radius, etc."
"Le d'une bouteille, d'un matras, etc." Voyez COU.
"Col de chemise," La partie de la chemise qui entoure le cou. On a dit dans un sens analogue, "Col de rabat, de pourpoint."
"Faux ," Col de chemise rapporté, qui s'attache autour du cou avec des cordons.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Une espèce de cravate qui s'attache derrière le cou avec une boucle. "Un de mousseline. Les militaires portent des s noirs. Un de velours."
"Col de cravate," Ce qu'on met dans une cravate pour lui donner de la fermeté. "Un de cravate garni de baleine."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore d'Un passage étroit entre deux montagnes. "Le de Tende. Nous nous saisîmes de tous les s des montagnes."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


"Voyez" Cou, quant à la partie du corps qui joint la tête aux épaules.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Terme dont on se sert dans différentes phrases par analogie à cette partie du corps humain dont on vient de parler.
On appelle "Le de la vessie, le de la matrice," Ce qui est comme l'embouchure de ces parties.
On appelle "Col de chemise, de rabat, de pourpoint," La partie supérieure de la chemise, du rabat, du pourpoint, qui embrasse le cou.
On appelle "Col," Une espèce de cravate sans pendans. "La mode de porter des s n'est pas ancienne".
En parlant d'Un passage étroit entre deux montagnes, on dit toujours "Col. Le Col de Pertuis. Le Col de Tende. Nous nous saisimes des s desmontagnes".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



"Voyez" COU, quant à la partie du corps qui joint la tête aux épaules.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



s.m. Terme dont on se sert dans différentes phrases par analogie au corps humain.
On appelle "Le de la vessie, le de la matrice," Ce qui est comme l'embouchure de ces parties.
On appelle "Col de chemise, de rabat, de pourpoint," La partie supérieure de la chemise, du rabat, du pourpoint, qui embrasse le cou.
On appelle "Col," Une espèce de cravate sans pendans. "La mode de porter des s n'est pas ancienne."
En parlant d'un passage étroit entre deux montagnes, on dit toujours "Col. Le Col de Pertuis. Le de..... Nous nous saisimes des s des montagnes."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Partie du corps qui joint la tête aux épaules. Il est vieux en ce sens, On prononce et on écrit "cou". Voy. Ce mot.
- "Col" se dit encôre: 1°. de la partie supérieûre d'une chemise, d'un rabat, d'un pourpoint, qui embrasse le cou; 2°. d'une espèce de cravate sans pendans; 3°. d'un passage étroit entre deux montagnes: "le de" Pertuis; "le de" Tende: ils se saisirent des "cols des" montagnes.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


La partie du corps qui joint la teste aux espaules, la prononciation ordinaire dans la pluspart des phrases, c'est . "Long cou. grand cou. gros cou. le court. le cou," ou "le tors. mal de cou," ou "mal au cou. mouchoir de ," ou "de cou. tour de . de pourpoint. avoir le cou de travers. allonger le col," ou "le cou. tordre le . rompre le cou. casser le cou. pancher le cou. charger quelque chose sur son cou. pendre au cou. porter sur son , à son cou. le chignon du cou. la nuque du cou," ou "du ".
On appelle, Un cou qui est long & gresle, "Col de gruë".
On dit prov. d'Une personne qui porte tout ce qu'elle peut porter d'une chose, qu'"Elle en a chargé son cou".
On dit, "Sauter au cou. se jetter au cou. se pendre au cou de quelqu'un," pour dire, L'embrasser avec grande tendresse & affection.
On dit prov. qu'"Un homme sera pendu, a esté pendu par son cou".
On dit parmi le peuple, "Prendre ses jambes à son cou", pour dire, Se disposer à partir promptement sur l'heure. "Il prit ses jambes à son cou & s'en alla".
On dit, "Couper le cou à quelqu'un," pour dire, Luy trancher la teste. "Il merite qu'on luy coupe le cou. il eut le cou coupé".
On dit figur. qu'"Un homme à le cou rompu," pour dire, qu'Il est tres-mal dans ses affaires, qu'il est ruiné, abysmé.
On dit aussi, "Rompre-le cou à une affaire," pour dire, Empescher qu'elle ne se fasse; Et qu'"Une affaire a le cou rompu," pour dire, qu'Une affaire ne se fera point.
On appelle, "Le de la vessie. le de la matrice," Ce qui est comme l'emboucheure de ces parties. En ces exemples on prononce .
On dit aussi, "Le cou d'un matras. le ," ou "le cou d'une bouteille".
"Col," signifie aussi quelquefois, Un passage estroit entre deux montagnes. "Le Col de Pertuis. le de... nous nous saisismes des s des montagnes".




Emplacement dans le dictionnaire :

coïonner
coïonnerie
coireau
coït
coit
coite
coix
cojouissance
coke

col-vert
cola
colarin
colature
colback
colback
colchique
colcotar
colée
colégataire
coléoptère




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...pas, répéta-t-elle encore de sa voix d'enfant que la fureur faisait trembler... puis, avec une prestesse de jeune chatte nerveuse et courroucée, elle arracha mes aiguillettes d'or, froissa mon col, et déchira du haut en bas le plastron irréprochable de ma chemise britannique... en effet, je ne pouvais plus, ainsi maltraité, me présenter au bal de la reine ; -force me fut de faire contre...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...durcis, et comme figés dans une fixité cadavérique, des lèvres contractées, des dents serrées. Non, elles ne le connaissaient pas. Et puis ce n'était pas un ouvrier, celui-là ; il portait le grand col bleu des matelots. Cependant l'une, qui avait un fils marin, essaya, par bonté d'âme, de le retirer de l'eau. Il était trop lourd. -quel grand cadavre ! Dit-elle en lui laissant retomber les bras....


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...les yeux inquiets, fouillant le plus loin possible dans tous ces groupes, cherchant celui qui lui avait pris sa vie. Elle le reconnaissait de loin, à sa haute taille droite, à sa carrure ; son col bleu dominait les autres. Quand elle l'avait découvert, marchant vite, se hâtant vers le logis, il lui semblait que son pauvre coeur se desserrait, qu'elle respirait mieux ; quand elle l'avait vu...


Citation n°4 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...la plupart des hommes, mais j'ai trouvé la fleur enfin que j'avais toujours pressentie, de sorte que, jusqu'à ma mort, tout ce que j'éprouverai sera mêlé de son parfum. Une étrangère ne porte pas au col la croix en or des filles champenoises, et dans son âme, des espaces sont fermés à nos regards. Mais que j'entende qu'elle respire, et je m'éveille au goût de la grandeur morale : générosité,...


Citation n°5 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...toute chose. Alors sa compagne la regardait d'un air étonné, ayant l'air d'admirer et de blâmer à la fois cette insouciance. Celle-là véritablement ressemblait à une demoiselle de la ville, avec son col blanc rabattu, sa robe d'étoffe grise dessinant sa taille souple, ses bandeaux plats séparés par une raie. On voyait bien à la fraîcheur de son teint qu'elle restait à la maison, loin des hâles dessé...


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